Film fantôme

Ce film souffre de nombreux défauts. Le principal est sans doute la médiocrité générale de l’interprétation. La palme à Scarlett Johansson qui semble victime d’une désincarnation plus profonde à chaque nouveau film (Lucy, Avengers, Under the skin, Her) au point de s’interroger : ses choix cinématographiques sont-ils aujourd’hui artistiques ou révélateurs d’une pathologie sur la relation qu’elle entretient avec son apparence et en particulier avec son corps (voir à ce sujet la critique Libé de J. Gester) ? Elle ne joue pas un rôle mais une paralysie générale : moue figée exaspérante ; mobilité d’un corps curieusement disgracieuse. C’est bien un robot, une coquille (shell), mais sans aucune trace humaine même fantomatique (ghost). Le film dès lors rate totalement son plongeon censément philosophique (dualité corps/âme) pour laisser de maigres sillons sur une surface glacée que jamais il ne rompra. Juliette Binoche ou Michael Pitt font dignement tout ce qu’ils peuvent pour transpirer d’humanité face aux robots qui les entourent sans jamais vraiment trouver l’équilibre entre excès et tâtonnements. Takeshi Kitano fidèle à son jeu robotique n’arrange rien à la congélation de l’ensemble… Seul Pilou Asbæk vibre d’humanité de son seul regard que le scénario gâchera dans un choix masochiste incompréhensible. Par ailleurs, le spectacle reste en deçà du déjà vu tandis que les décors peinent à sortir de l’abstraction laide et surchargée. Reconnaissons qu’une coquille, une seule, n’est pas vide : celle de l’escargot obèse auquel la mise en scène a été attelée. Le cinéphile assoiffé d’action meurt déshydraté et l’esthète est outragé. Enfin, la litanie « ce n’est pas tes souvenirs mais tes actes qui te définissent » finit par embarrasser le philosophe le plus profane ou vaguement existentialiste. Laid, superficiel et ennuyeux, voilà un film ni mortel, surtout pas immortel mais tout simplement mort. Vive le cinéma !

Démocra Si ou Non

C’est quoi cette démocratie qui consiste à débattre sans fin sur le vote utile c’est-à-dire : POUR qui voter CONTRE ?

C’est quoi cette démocratie qui voudrait empêcher un candidat soupçonné de fascisme d’être élu si cette même démocratie tolère en même temps qu’une fasciste déguisée soit ce candidat ?

C’est quoi cette démocratie qui accepte que plusieurs candidats à sa présidence soient mis en examen dont ce même fasciste déguisé * ?

C’est quoi cette démocratie otage de partis politiques qui donnent des leçons démocratiques à travers de ridicules primaires antidémocratiques ?

Et bien, cette démocratie n’en est pas une ou alors est en danger de mort.

Alors, laissons les individus voter POUR qui ils veulent. Et s’ils sont POUR le fascisme au pouvoir, on pourra déclarer la démocratie bien morte et nous regarder pour ce que nous sommes : une majorité d’abrutis.

_____________________________

* Pour des soupçons dont la nature est parfaitement incompatible avec cette démocratie

François Fillon : le syndrome de l’essentialisme divin

Il faut arrêter de traiter François Fillon en être humain comme vous et moi.

François Fillon fait partie de l’élite. Il est le représentant d’une espèce d’être humain supérieure à la nôtre, celle du peuple.

L’appartenance à cette espèce supérieure lui donne des qualités remarquables. Elles expliquent qu’il exerce ce métier d’homme politique, lequel consiste à s’occuper de nous, être inférieurs.

De plus, ces qualités, comme celles de nos anciens rois, sont surhumaines, d’origine divine. Ainsi, François Fillon ne peut-il rendre compte devant la loi humaine car son rôle est de faire cette loi qui s’applique à nous, pas à lui. Allons !

Dès lors, François Fillon règle ses affaires directement avec Dieu. Nous méritons éventuellement ses excuses, son pardon et à nous d’effacer ses fautes (n’a-t-il pas rendu ses costumes, hein ?). Dans son monde règne l’impunité du divin, les fautes ne peuvent pas être punies, elles sont pardonnées. La rédemption, l’absolution lui seront accordées dans le secret de la confession. On n’est pas catholique pratiquant pour rien. Zut !

Donc, il faut laisser François Fillon tranquille ! A moins de lui trancher la tête ? (le vote a remplacé paraît-il la guillotine).

François Fillon : Terroriste de la pensée

J’accuse François Fillon d’être un terroriste de la pensée. Ce mot « terroriste » sera jugé sans aucun doute excessif voire calomnieux au moment où l’actualité est marquée par des actes terroristes qui consistent à tuer des innocents.

Malgré ces prévisibles condamnations je maintiens ce terme, en assume toutes les possibles conséquences et je vais simplement m’efforcer de le justifier.

Éclairons d’abord le sens que je lui donne. Le terrorisme est pour moi la violence commise à l’égard d’innocents. Je me considère alors comme un innocent à qui François Fillon inflige une violence à travers une attitude et des propos qui sont au delà de mes capacités de tolérance.

Il s’agit bien sûr d’une violence symbolique. Je ne suis évidemment pas mort physiquement mais, en moi, une part fondatrice de mon statut d’être humain est en danger de mort.

Cette part est l’indépassable considération que je porte à la question politique. Ainsi, prétendre faire de la politique son métier exige un sens de l’honneur, de la probité, de la morale, de l’engagement pour l’intérêt du plus grand nombre, de l’équité, de l’exemplarité, du désintéressement et de la justice porté au plus haut degré d’exigence et de grandeur dont l’homme est capable.

Nul n’est obligé à prétendre posséder ce sens de l’intérêt public et à devenir un homme politique. A contrario, tout homme politique contrevenant à ce sens ne peut plus prétendre à le rester.

Je considère que les réactions de François Fillon à des accusations suivies de sa mise en examen, sont la preuve qu’il ne possède pas ce sens et qu’il n’a plus aucune crédibilité en tant qu’homme politique.

Il est parfaitement inconcevable qu’il puisse alors être candidat à la présidence de la République, fonction qualifiée de suprême au nom même de ce sens qu’il a définitivement avili.

Voilà pourquoi j’accuse François Fillon d’être un terroriste de la pensée. La violence extrême de ce terme voudrait évoquer la blessure mortelle dont je me sens atteint comme citoyen innocent et méprisé.

De plus je soutiens que ce terrorisme se fait au nom de Dieu. Catholique pratiquant, François Fillon est malade d’essentialisme divin. Convaincu de sa supériorité surhumaine, sa destinée est de faire la loi qui s’applique à nous, peuple constitutif d’une espèce inférieure, mais loi à laquelle il n’a pas de compte à rendre.

Sa loi est celle de Dieu, où les fautes restent impunies mais pardonnées par les hommes auxquels on exprime des excuses et reçoivent l’absolution divine dans le secret de la confession.

  1. Violence exercée à l’encontre d’innocents.
  2. Violence perpétrée au mépris de la loi humaine.
  3. Violence motivée par une loi surhumaine d’un Dieu tout puissant.

Ces 3 éléments définissent François Fillon comme un terroriste de la pensée.

La gagne | Logan

Amène-moi au « paradis » ! Voilà la demande lancinante de Laura à Logan au point de départ de ce film. Une réponse à la fois sérieuse et largement métaphorique y sera apportée magnifiée de noirceur, de violence, d’émotion et de spectaculaire

Hugh Jackman dans un rôle inhabituel où sa sauvagerie se disloque en quelque sorte contre la fraternité (Caliban), la filiation (professeur X) et la paternité (Laura), est poignant. Mêmes ses griffes qui, rassurons-nous, demeurent déchirantes au sens propre, le sont aussi au sens figuré dans leur combat contre une fatalité dont le film descend progressivement les éprouvants échelons.

Laura était un personnage sans doute redoutable à définir et composer. Instrumentaliser l’enfant pour lui donner des caractères d’adulte comporte toujours le risque d’en faire un dangereux modèle pour les plus influençables des jeunes spectateurs. Est-ce l’incroyable expressivité de Dafne Keen ? La qualité de son interprétation ? La direction d’acteurs ? L’ingéniosité de la mise en scène ? La chorégraphie maîtrisée des combats ? Toujours est-il que le personnage de Laura est une totale réussite.

Patrick Stewart (Pr. X), Stephen Merchant (Caliban) ajoutent leur part de sensibilité sans overdose émotionnelle. Certes, lorsqu’une famille innocente est étrangement décimée ou que les morts d’êtres chers se succèdent, le noir est de mise. Heureusement, le sourire n’est pas exclu comme dans l’ellipse d’un combat hors champs entre la frêle Laura et les musculeux sbires du méchant -Boyd Holbrook, lui aussi impeccable- même si la violence atteint des sommets d’intensité. Une scène particulièrement réussie montre une crise du Pr. X qui provoque une paralysie générale des assaillants et de Logan. Celui-ci livre alors un très spectaculaire combat contre lui-même et ses adversaires dans un ballet presque immobile aussi violent qu’inédit.

Le film marque aussi par la grâce d’images simples comme cette croix (+) penchée qui devient un x et Laura entourés d’enfants révoltés comme elle qui courent vers leur liberté. Preuve qu’elle a trouvé son paradis ?

Un King pas si Kong

Ah, le cinéma. Formidable aventure pleine de surprises mauvaises (« The lost city of Z ») ou bonnes, comme « Kong skull island ». J’utilise le mot surprise car comme vous sans doute, je m’engage dans cette aventure cinématographique après m’être assuré au mieux qu’elle sera réussie. Or, là, les critiques de la presse et des spectateurs et il faut bien l’admettre, la tapageuse bande-annonce, ne permettaient guère de prétendre à cette garantie « tous risques » derrière laquelle je persiste naïvement à courir. Mais voilà, avide de divertissement, les forces de séduction ont vaincu des réticences d’autant plus fortes que Peter Jackson avait signé selon moi une indépassable oeuvre de référence.

Voilà pourquoi, la surprise pour « Kong skull island » fut véritablement bonne, très bonne. D’abord, pour les mêmes raisons que celles déjà mentionnées ici ou là : formidable scène d’ouverture (qui se révèle aussi une ellipse plutôt inspirée), réalisation maîtrisée truffée d’effets spéciaux réussis au rythme soutenu, beauté générale des images, décors et de l’éclairage…

Et j’oserai même ajouter à ces raisons formelles quelques motifs de fond. Par exemple : la subtilité très peu bavarde (pour éviter un petit spoiler) par laquelle est célébrée la civilisation de l’inévitable tribu de sauvages, le statut de divinité de Kong expliqué autrement que par le passage obligé par la case « sacrifice humain » avec déplacement vers d’autres bêtes, de la figure du monstre. L’allègement de la romance entre la belle et la bête ainsi que l’économie de la traditionnelle fin m’ont aussi semblé des choix à la fois cohérents et éclairés.

Je ne conteste pas les faiblesses déjà dénoncées ailleurs (légèreté du prétexte initial, manque d’incarnation des personnages…) mais les qualités me paraissent les compenser très largement et justifier une certaine bienveillance. Dès lors, l’émerveillement largement majoritaire et souvent inconditionnel suscité par le film de James Gray m’amène à rapprocher ces 2 œuvres pourtant distinctes pour lancer un cri d’incompréhension et d’injustice : si la cité de Z est bien perdue, Kong, lui, est bien trouvé. Ou, si la cité est morte, vive le roi !

La pas perdue série Z | The lost city of Z

Bien loin de moi la volonté de mettre en cause le talent de James Gray dont je partage le plébiscite critique et public en dépit de réserves face à de possibles accents mélodramatiques à mes yeux excessifs comme par exemple ceux de Two lovers. Il ne faudrait pas pour autant, au nom de ce talent attesté par la qualité majoritairement reconnue à la plupart de ses films, que James Gray reçoive un traitement particulier comme d’autres avant lui pour des raisons analogues. Ce traitement est l’impunité critique.
Tout se passe comme si réussir plusieurs fois abritait de tout échec. Se met en place un bouclier de bienveillance protecteur renforcé par l’usage de lunettes compassionnelles qui empêcheraient désormais toute objectivité. Tim Burton, Woody Allen, Clint Eastwood, Night Shyamalan (que la constance dans le ratage a fini par être sanctionnée -avant une actuelle miraculeuse renaissance ?-), Pedro Almodovar… sont quelques représentants de ces artistes protégés par la grâce d’indéniables réussites.
On peut expliquer cette irrationalité apparente par la difficulté de lutter contre la passion idolâtre que le cinéma excelle à nourrir ou de faire simplement l’aveu qu’un amour pour un réalisateur a été trahi. Cette difficulté se complique chez les critiques de la presse officielle d’enjeux et d’intérêts économiques croisés qui ne favorisent pas la liberté d’opinion.

Ce préambule libère le cri qui m’enrage : Quel film raté que « The lost city of Z » ! Quel insurmontable ennui que le visionnage de cet interminable objet indigeste. Je ne vois rien qui puisse être sauvé tant s’accumulent les traits d’un navet parfait. Les acteurs d’abord. Tous sans exception semblent atteints d’une paralysie partielle qui empêcherait la manifestation d’expressivité émotionnelle ou de tout geste doté d’une mobilité à peu près ordinaire.
Le scénario ensuite. La métamorphose de cet officier avide de réussite en explorateur porteur d’une mission civilisatrice universelle est complètement invraisemblable. L’indifférence portée au fondement historique de cette fameuse city of Z ôte à l’intrigue même du film toute plausibilité et tout intérêt. De là, un écueil de fond plus redoutable encore : L’impossibilité de toute compassion vis-à-vis de ce héros. Son sacrifice d’une vie de famille décrite comme idyllique au nom d’un invraisemblable motif devient le symptôme d’une insondable stupidité, doublée d’une profonde irresponsabilité paternelle (3 enfants l’attendent toute leur vie) et couronnée par une ambition sociale indéfendable. Dès lors, l’abdication de l’épouse pourtant portraiturée comme une féministe d’avant garde renforce le ridicule de l’ensemble.
Par malheur, le spectacle ou l’action ne fournit aucune compensation à moins de s’extasier devant l’apparition éphémère de quelques bébêtes et de paysages dignes d’un banal jardin exotique.
Enfin, il y a la mise en scène. Là, le traitement linéaire de 2h20 est intellectuellement pénible et physiquement épuisant. Dès lors, l’ambition artistique pourtant estimable de certaines reconstitutions échoue à séduire pour s’épuiser dans le ridicule. En outre, et paradoxalement la traduction de la durée de l’action réelle, étendue sur 20 ans, est un échec. Certes, les acteurs se rident mais uniquement sous l’effet du maquillage, car le temps, interminable dans la salle de cinéma est absent à l’écran. Trois expéditions successives en Amérique du sud sont restituées comme on fait ses courses à l’épicerie du coin et leur immatérialité les fait sombrer dans l’abstraction. La dernière de ces expéditions, censément, l’acmé, l’apogée, l’apothéose sensible et esthétique du film m’a trouvé dans la plus parfaite indifférence endormie. Je peine à choisir le terme le plus propre à qualifier la fin qui mêle père et fils dans une destinée commune. Je vous laisse donc le choix du terme : 1) stupide 2) irresponsable 3) ridicule 4) tristement risible. Ci et là, vous pouvez tromper votre ennui si vous êtes joueur, en relevant d’autres symptômes de ce film malade : l’application invraisemblablement scolaire de certains raccords, le piteux « twist final », la pesanteur d’incrustations de texte en guise de label « histoire vraie ». Symptômes que le marteau, outil avec lequel ce film semble avoir été fabriqué n’est pas le plus indiqué.

Allez, de la légèreté pour finir : laissons la city of Z à sa perdition pour s’écrier : si elle est morte, vive le roi, le roi (pas si) Kong !
« Kong : skull island », autre film d’aventure mais dans la catégorie « blockbuster » si souvent déconsidérée, demande bien moins de bienveillance pour en apprécier la réussite formelle et finalement, par comparaison, l’intelligence. Vive le cinéma !

François, sois franc !

Vous en connaissez peut-être. Ceux dont on se permet de dire : pauvres types ou pauvres mecs. Leur bêtise est à la fois aveugle et vaniteuse. Ils vocifèrent leurs ineptes provocations à la morale, la raison ou la logique pour s’extraire de leur prison d’indignité, de folie ou d’idiotie tout en sachant confusément la vanité de leurs efforts. Ils nous inspirent de la colère et en même temps de la compassion car on sait avec certitude leur cause perdue. Selon la proportion respective de ces sentiments chez l’un ou l’autre d’entre nous, ils recevront dans leur gueule le poing de certains tandis que d’autres se contenteront d’un regard tendu de mépris dédaigneux.

François Fillon va vers sa perte. Tous les jours, le mur dans lequel il va s’écraser lamentablement se rapproche. Il le sait mais ne peux se résoudre à l’admettre car son aveu mettrait fin à son existence sur la planète fictive dans laquelle il a toujours vécu.

Sur cette planète, les êtres sont appelés élites et bénéficient de privilèges. Anciennement, l’accès à ces privilèges était justifié par la reconnaissance d’un caractère divin à ces êtres. Cette croyance semble d’ailleurs persister dans l’esprit de certains, croyance aujourd’hui identifiée par la psychiatre moderne comme une maladie mentale. Philosophes et sociologues ont aussi clairement montré que le fascisme peut être un des symptômes de cette maladie.

Les légères évolutions de cette planète sont causées par ses rencontres occasionnelles avec celle habitée par le peuple. Plutôt rares, ces contacts interplanétaires sont programmés lors de cérémonies rituelles appelées votes. Après des combats d’idées purement symboliques entre ces élites constitués en clans et arbitrés par le suffrage du peuple, les vainqueurs d’un jour sont les vaincus du lendemain. La distribution des privilèges connaît alors de modiques corrections. Un bouclier constitué de lois édictées par ces élites d’où émanent leurs privilèges protègent leur planète de perturbations banales que sont par exemple les grèves, manifestations ou violences collectives.

Des collisions plus brutales, extrêmement rares et imprévues, surviennent parfois au gré de circonstances historiques particulières relayées par des actions citoyennes de grande ampleur. Les cas extrêmes sont dits révolutionnaires.

Aucun mouvement humain, fût-il révolutionnaire, n’a toutefois jamais renversé la loi astronomique universelle : la révolution est d’abord le mouvement inexorable de planètes sur des orbites étrangers les uns aux autres.

Le peuple va trancher symboliquement la tête de François Fillon. C’est un progrès. Mais la course à travers le temps et l’espace des élites et de leurs privilèges continue.

Pénélope, rime (très) riche…

Il y a, dans l’emploi supposé fictif d’assistante parlementaire de Pénélope Fillon, au moins 4 niveaux de scandale.

> Qu’un élu puisse salarier un membre de sa famille. C’est tout simplement de l’oligarchie : le pouvoir décide arbitrairement qu’une minorité de personnes constitue une classe dominante.

Qu’il n’y ait aucun contrôle de l’effectivité de l’emploi occupé. L’élu est employeur et contrôle lui-même….

> Que le salaire puisse être aussi considérable. Le plafond initial de 4750 € (entre mari et femme) à été porté jusqu’à 7900 € ! (l’astuce : Pénélope Fillon était déclarée assistante du suppléant de son mari). Il ne suffit pas alors selon moi que l’emploi ne soit pas fictif. Il faut aussi et surtout justifier que le travail fourni mérite cette somme hors norme (salaire moyen net en France : 2202 €). Or, on peut légitimement en douter. Le débat ouvert apparaît en conséquence bien fallacieux et n’a finalement à mes yeux guère d’objet. L’emploi exercé par Mme Fillon est à ce titre forcément fictif.

> Que chaque député dispose d’une enveloppe de 9 561 € destinée à  rémunérer leurs assistants (en sus d’un salaire de 7 100,15 €). Je ne vois là qu’insupportables privilèges, vestiges d’un régime monarchique toujours en place (la masse salariale annuelle des 577 députés est donc de 115 millions et 361 802,6 € exactement).

Pour conclure, ce fait met clairement en évidence l’imposture des principes d’égalité et de liberté devant la loi proclamés avec tant de solennité incantatoire dans nos textes constitutionnels. « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui (art. 4) » nous dit la Déclaration de 1789. Et bien c’est faux, quand le « pouvoir faire » de Mme Fillon (recevoir 4900 € d’argent public de son mari sans condition) n’a rien à voir avec celui du citoyen lambda  et quand les les « bornes » de la liberté qui « ne peuvent être déterminées que par la Loi » selon le même texte, ne le sont justement pas. Lorsque la loi est injuste, les citoyens auxquels elle s’applique ont toute la liberté de ne pas avoir de morale.

Une conclusion analogue s’applique évidemment au second emploi supposé fictif de Mme Fillon à la Revue des 2 mondes. Il suffit pour cela de remplacer le « pouvoir faire » de la peut-être future première dame de France, par « recevoir d’un ami en salaire privé 100 000 € sans condition ».

Enfin, ces faits mettent directement en cause un ancien député, ministre, puis premier ministre de la France : François Fillon, a eu le pouvoir législatif puis exécutif, de corriger une loi injuste. Or, il en aurait surtout profité.

Il découle de ces observations que M. Fillon, contrairement à sa moralité autoproclamée, n’en aurait pas, car ses actes trahissent une conception de l’homme ni juste, ni solidaire et surtout pas égalitaire.
________________________

Sources : Libération du 26/01/2016 | http://www.leblogpatrimoine.com/bourse/statistique-sur-les-revenus-et-le-niveau-de-vie-des-francais-en-2016.html | http://www.marianne.net/voici-les-2-notes-100000eu-penelope-fillon-revue-deux-mondes-100249455.html

En bref

  • > Fillon ne fait pas rêver ? Mais si : le cauchemar est un  rêve, non ?
  • > François Fiction| Dans la famille Fillon, tout est fictif. Exemple. Fillon sénateur : 8 interventions et 1 question écrite pour un mandat de 21 mois. Salaire sur la période : 150 000 € bruts, 100 % fictif brut.

Sources : https://www.nossenateurs.fr/francois-fillon| https://www.senat.fr/role/senateurs_info/statut.html