Mais c’est qui ? Zemeckis !

Ouaouh ! Quel film ! O.K, j’adore Zemeckis… Suis-je d’ailleurs encore clairvoyant quand ses films souvent remarquables à mes yeux m’ont converti peu à peu en adepte inconditionnel ?

Donc : Quel film ! Mais jetons au diable ce trop plein d’enthousiasme et conjurons-le par des cris de joie : que d’ambition ! d’originalité ! de créativité ! de sensibilité ! de méticulosité ! de rigueur ! d’inventions ! de maîtrise ! de grâce ! d’esthétisme ! de profondeur ! de sens artistique !.. Voilà, ça va mieux. Allez, un dernier : Youpie.

La réalité fournit bien malheureusement la matière première du film : il s’agit d’une histoire tragiquement vraie vécue par Mark Hogancamp. A cet homme revient le mérite premier d’avoir changé un funeste destin en leçon de vie. Restait à lui donner la force d’un message universel : Zemeckis l’a fait.

La scène d’ouverture donne le ton : un avion chasseur essuie des tirs de DCA avant de s’écraser. Il a des allures de jouet et son pilote, un profil de figurine. Mais on y croit car le réalisme est saisissant. Pas de doute : c’est la 2nde guerre mondiale, les méchants sont des nazis et le pilote, le héros. Des poupées, au même corps sculptural de « pépées » comme les appellera le héros, volent à son secours dans un déferlement tonitruant de détonations de mitraillettes. Le décor qui habille l’imaginaire de Mark est posé. Voilà son refuge, créé pour échapper au traumatisme de l’agression qui a dévasté sa mémoire et sa vie passée. Sa vraie vie est ailleurs : on y rencontre en chair et en os les êtres dont on a vu les avatars de plastique.

Le dispositif, magistralement exposé où vont se succéder des aller-retour entre la scène de la réalité et les  coulisses de l’imaginaire est lancé. Il va devenir la source d’une jubilation permanente. Evidemment, les nazis fictifs sont les vrais agresseurs et les « pépées », des amies véritables. Dans l’espace amoral de l’imaginaire, la vengeance peut dès lors s’assouvir dans un déferlement de violence sans limite où les gentils massacrent inlassablement les méchants.

Là, Zemeckis, use de la  motion capture en maître absolu. Le « Pôle express » et la « Légende de Beowulf » déjà mémorables trouvent dans ce film un accomplissement technique proche de la perfection.

Mais cette prouesse technique demeure un moyen : user d’une parabole artistique pour exprimer en langage cinématographique les tréfonds de l’homme. Zemeckis fait un film d’action visuellement éblouissant avec une histoire que d’autres auraient allongée sur un divan de psychanalyste. Tout est dit mais l’éloquence est muette, la profondeur, formelle et l’explication suggérée.

Et les enseignements sont innombrables.

Oui, l’art est une transcendance, un dépassement par lequel l’homme trouve sa grandeur et sa nécessité ! Mais là, on voit un homme sauver sa peau en donnant –littéralement- vie aux poupées qu’il fabrique et photographie.

Oui, la vie s’écrit dans le double langage permanent de la réalité et l’imaginaire où les phantasmes s’écrasent contre le mur de l’expérience et réveillent la conscience ! Mais là, on voit le héros déclarer aveuglément sa flamme avant d’en être consumé et d’ouvrir les yeux sur sa fausse culpabilité.

Oui l’homme porte l’infini à la fois par sa bestialité et sa sensibilité ! Mais là, on voit cinq brutes massacrer à mains nues une sorte d’artiste poète parce qu’il avoue porter des talons hauts pour se rapprocher de la « quintessence » de la femme.

Oui, l’homme est aux prises avec les prisons qui lui sont infligées et la lutte éperdue contre l’enfermement est le prix de la liberté ! Mais là, cette solitude, notre solitude, on la partage. Et on exulte de lui échapper le temps d’un film.

Enfin, oui, un homme peut-être profondément féministe ! Mais là, c’est un chef d’œuvre de Zemeckis.

Vive le cinéma !

Quand un concept, c’est con : la résilience

J’irai droit au but : La résilience est l’un des concepts parmi les plus cons inventés à ma connaissance ces dernières années.
Je m’explique :
> Incohérent : il starifie la victime, au lieu de s’en prendre au bourreau
> Irresponsable : il encourage finalement tous les tortionnaires et les systèmes oppresseurs
> Mystique : il prône une idéologie optimiste très proche de la foi religieuse et de toute croyance rédemptrice fondée sur l’idée du miracle
> Inopérant : il cautionne l’ineptie « tout ce qui ne tue pas rend plus fort » contredite depuis toujours par la reproduction de traumatisés en traumatisants.

etc.

A choisir, s’il le faut, l’hypothèse « pessimiste » (dont la loi serait : les traumatismes ne sont pas voués à être dépassés) est bien moins stupide en ayant le mérite de mettre l’accent sur la lutte contre les facteurs d’oppression (les causes toujours négatives justement dont les conséquences pourraient être positives : la résilience !!?).

Plus généralement, l’hypothèse pessimiste me semble toujours préférable en matière de pensée responsable : préparer le pire n’empêche jamais le meilleur de se produire.

Pas résilient du tout.

___

PS.

Le simple titre du livre de B. Cyrulnik « Un merveilleux malheur » est déjà en soi un crime contre l’intelligence et sans doute au-delà.

Tact très con | Premier contact, Denis Villeneuve, 2016

Séance de rattrapage en VOD d’un film soigneusement évité à sa sortie en raison d’une suspicion de bienveillance de la critique spécialisée à l’égard de son réalisateur, Denis Villeneuve, notamment depuis Sicario, selon moi outrageusement (oui, je sais, je suis excessif) surestimé.

Et bien, malheureusement, mon verdict est sans appel : ma suspicion est très largement confirmée.

Premier contact est un film farci (clin d’œil bien potache mais ça défoule, à la langue farsi évoquée dans le film) de défauts. Le pire est la bêtise du scénario au moins aussi colossale que les dimensions gigantesques des vaisseaux qui abritent nos visiteurs extraterrestres, sorte de curieux grattes ciels volants monolithiques et ovoïdes.

Cette bêtise est pétrie d’un anthropocentrisme (voir plus loin) sculpté avec un sérieux ridiculement risible dans le marbre le plus pesant.  Mais voyez par vous-mêmes : Des aliens, sorte de calamars géants débarquent sur notre planète sans prévenir, sans raison apparente et sans rien demander. Ils sont là, muets comme des seiches, enfermés dans leurs suppositoires géants en suspension sur nos têtes. Et voilà les bons humains scientifiques lancés dans la quête éperdue de compréhension de cet exhibitionnisme certes silencieux mais quand même un tantinet ostentatoire. Non, mais des fois. Nos céphalopodes venus d’ailleurs, probablement commotionnés par le décalage horaire interplanétaire, comprennent alors que « nous essayer de communiquer avec eux ». Ils se mettent en guise de langage à cracher une encre noire comme il se doit lorsqu’on est un poulpe bien éduqué. Nos scientifiques émerveillés de tant de courtoise attention se mettent alors à étudier ces excrétions baveuses avec une avidité de Champollion face à la Pierre de Rosette. Nos pieuvres sidérales montrent en revanche bien peu de curiosité à notre égard en dépit d’une supériorité scientifique flagrante qui pourrait faire de l’apprentissage de la langue anglaise une partie de rigolade pleine de gesticulations tentaculaires trop drôles.  Mais voilà, nos heptapodes (allez, petit jeu car je sens une ambiance plombée : combien de tentacules ont nos ET ?) sont bien cosmiques mais pas comiques du tout. C’est d’autant plus ballot que ces projections encrées renferment une telle complexité qu’on se garde bien de nous la faire partager alors que vraiment, j’insiste, des cours d’anglais auraient été bien plus agréables pour tous.

Ce premier écueil est d’autant plus insurmontable que l’apprentissage de la langue poulpesque dure, et qu’à part ça, rien d’autre ne se passe. Alors, soit on se prépare un plat de calamars car, comme chacun sait, la vengeance se consomme chaude, soit on attend, en se persuadant qu’autant d’idiotie ne peut être que le masque trompeur dont s’est parée l’intelligence la plus perfide. Et bien je vous conseille l’option culinaire car le twist final qui se prépare est un pas de plus et de trop vers le n’importe quoi.

Voilà l’affaire : les calamars nous font un cadeau. Le nouveau problème est que, non seulement sa valeur en soi peut être infiniment discutée mais en plus, il ne vise à terme, qu’à servir leur propre intérêt.

Bref la moralité de ce fatras pourrait être, pour se poiler sans spoiler : rassurez-vous, le calamar est peut-être plus intelligent que vous mais il le montre très peu, reste sacrément égoïste et n’a aucune disposition pour l’anglais (et quand même, il est aussi très moche).

Enfin pour conclure, retrouvons un peu de sérieux après autant de rigolade. Ce film reproduit avec réalisme ce qui pourrait être le protocole expérimental de l’étude scientifique de la communication animale par l’homme, en tant animal supérieur. Denis Villeneuve oublie juste qu’il ne réalise pas un tel documentaire mais un film de science fiction où l’animal supérieur n’est plus censé être l’homme mais l’entité extraterrestre. Cette absence de décentration, typique de l’anthropocentrisme, est au cœur, à mes yeux du ratage complet de son film.

Qui pourra m’expliquer la bienveillance protectrice inconditionnelle de la presse spécialisée  à l’égard de certains réalisateurs ? Vive le cinéma !

Franz

Marcella succube vs Benoit Hamon pas incube

Après les délires de FOG contre Benoit Hamon, voilà ceux de de Marcella Iacub dont l’article « L’ennui avec Benoit Hamon » (Libé du WE du 01/04 ) me plonge dans une colère noire tant la bêtise des confusions, contradictions et autres approximations (pas de croûtons, c’est dommage, j’adore) est abyssale.

Selon elle, Benoit Hamon est seul responsable de son déclin sondagier à cause d’un trait de sa personnalité : être ennuyeux. Et voilà ce que ce trait représente selon notre pointilleuse analyste :

  • il engendre le silence indifférent des commentateurs.
  • il s’oppose au pouvoir de séduction, indispensable au succès politique. D’ailleurs « aucun leader démocratique ne peut être ennuyeux » car la politique est du côté de la vie alors que l’ennui, au contraire est une force mortifère « qui nous pousse vers la mort » et qui est « à laisser aux dictateurs ».
  • il est donc le signe d’un désir inconscient des supporters de Benoit Hamon d’en finir avec le Parti Socialiste. Ils ne peuvent en effet souhaiter l’élection d’un ennuyeux qui provoquerait des dommages irréparables en France, pays champion du taux de dépressifs.
  • Benoit Hamon lui même, saurait que son destin est ailleurs, du côté de  la « surveillance » et de la « punition » (« huissier, contrôleur de la RATP […] » lui propose-t-elle en tant que fine conseillère professionnelle improvisée, respectueuse des métiers). La preuve : au lieu de communiquer pour lui et sa cause, il accuse tout azimut les autres au nom de « forces obscures » qui les manipulent (alors qu’il en serait la première véritable victime).

Marcella Iacub décidément secouée d’âneries convulsives qu’aucune camisole ne semble pouvoir contenir entre alors en transe et clôt sa danse folle par une figure d’une rare témérité, que j’ai nommée, la « contradiction de la mort » (qui tue) : l’ennui est porté à un tel « degré suprême » par Benoit Hamon, qu’il provoquerait le renoncement ou l’endormissement des adversaires..

Et, finalement, telle la philosophale pierre, le possible succès politique.

Face à ce salmigondis qui ne mérite guère que le vomi qu’il provoque, je laisserai échapper quelques éructations :

  • il est proprement inconcevable qu’un article aussi peu rigoureux où rien n’est défini, argumenté, empiriquement attesté, soit l’oeuvre d’une Directrice de recherche scientifique à l’EHESS. Que répondre  à « aucun leader politique ne peut être ennuyeux », « ennui […] à laisser aux dictateurs » ? A part penser « c’est quoi cette connerie » en déroulant une liste : Trump, Holland, Hitler, Berlusconi, Sarkozy… avec d’absurdes croix à cocher sur les cases « ennuyeux » ou « pas ennuyeux » ? Je fatigue à l’idée d’établir l’inventaire complet de l’arbitraire jeté à tout-va : « l’ennui mortifère », la politique du côté de « la joie », de « la vie » ; les forces obscures dont Benoit Hamon est la cible mais qu’il dénoncerait etc.
  • dans le monde abstrait des médias, du spectacle (et -il paraît, donc- intellectuel) de Marcella Iacub, la chose la plus concrète qu’elle manipule, après le sexe, est constituée par les mots qu’elle articule où écrit. Dès lors, il lui faut du divertissement et de la séduction. En politique comme partout ailleurs. Or, elle découvre, désœuvrée, un homme politique pour qui, à ses yeux, ce n’est pas le cas. Bref, Benoit Hamon ne la fait pas bander et c’est insupportable (DSK, c’était quand même autre chose).
  • dans ce monde des élites dont elle fait partie, son petit ennui subjectif et nombriliste de privilégiée coupée de notre monde, est transformée en loi universelle qui s’abat sur nous, peuple misérable, comme la foudre sur l’arbre innocent.
  • faire le choix d’un tel article à charge contre Benoit Hamon à l’heure de candidats mis en examen et d’une extrême droite au zénith relève d’une très discutable conception de sa propre responsabilité politique et des priorités éditoriales (une telle malveillance gratuite semble augurer d’un discernement très défaillant)
  • dans sa confusion intellectuelle qui consiste à prendre ses sentiments pour des pensées, elle ne peut pas entendre que l’ennui qu’elle éprouve ne regarde qu’elle et peut s’expliquer autrement.
  • en effet, interprété sur le versant intellectuel (du bas latin inodiare, être odieux) et non plus affectif, l’ennui devient un embarras, un problème de fond : la politique c’est du sérieux d’abord et éventuellement de la séduction ensuite, rappelle Benoit Hamon, à contre-courant d’une société faite d’écrans en érection permanente qui se doivent d’éjaculer sans cesse des images orgasmiques.

Je conseille donc à Marcella Iacub de conserver son tropisme sexuel habituel et de ne pas nuire à ceux, ennuyeux ou non, qui peuvent se désoler de la trouver si bête alors qu’elle est si séduisante.

Mes propos seront fatalement eux aussi soumis au double diktat de l’ennui et de la séduction. Pour ma part, je les juge excessifs pour deux raisons. D’abord, j’apprécie régulièrement la chronique de Marcella Iacub ce qu’ils ne permettent guère de supposer.

Ensuite, c’est la première fois depuis presque vingt ans que je me sens représenté par un homme politique. Cet homme est Benoit Hamon qui selon moi porte un projet révolutionnaire où la grandeur de l’homme est d’être un animal politique. Par malheur, c’est cette conception qui n’aurait plus sa place dans la société de l’image qui s’ennuie de tant de sérieux.

Film fantôme

Ce film souffre de nombreux défauts. Le principal est sans doute la médiocrité générale de l’interprétation. La palme à Scarlett Johansson qui semble victime d’une désincarnation plus profonde à chaque nouveau film (Lucy, Avengers, Under the skin, Her) au point de s’interroger : ses choix cinématographiques sont-ils aujourd’hui artistiques ou révélateurs d’une pathologie sur la relation qu’elle entretient avec son apparence et en particulier avec son corps (voir à ce sujet la critique Libé de J. Gester) ? Elle ne joue pas un rôle mais une paralysie générale : moue figée exaspérante ; mobilité d’un corps curieusement disgracieuse. C’est bien un robot, une coquille (shell), mais sans aucune trace humaine même fantomatique (ghost). Le film dès lors rate totalement son plongeon censément philosophique (dualité corps/âme) pour laisser de maigres sillons sur une surface glacée que jamais il ne rompra. Juliette Binoche ou Michael Pitt font dignement tout ce qu’ils peuvent pour transpirer d’humanité face aux robots qui les entourent sans jamais vraiment trouver l’équilibre entre excès et tâtonnements. Takeshi Kitano fidèle à son jeu robotique n’arrange rien à la congélation de l’ensemble… Seul Pilou Asbæk vibre d’humanité de son seul regard que le scénario gâchera dans un choix masochiste incompréhensible. Par ailleurs, le spectacle reste en deçà du déjà vu tandis que les décors peinent à sortir de l’abstraction laide et surchargée. Reconnaissons qu’une coquille, une seule, n’est pas vide : celle de l’escargot obèse auquel la mise en scène a été attelée. Le cinéphile assoiffé d’action meurt déshydraté et l’esthète est outragé. Enfin, la litanie « ce n’est pas tes souvenirs mais tes actes qui te définissent » finit par embarrasser le philosophe le plus profane ou vaguement existentialiste. Laid, superficiel et ennuyeux, voilà un film ni mortel, surtout pas immortel mais tout simplement mort. Vive le cinéma !

Démocra Si ou Non

C’est quoi cette démocratie qui consiste à débattre sans fin sur le vote utile c’est-à-dire : POUR qui voter CONTRE ?

C’est quoi cette démocratie qui voudrait empêcher un candidat soupçonné de fascisme d’être élu si cette même démocratie tolère en même temps qu’une fasciste déguisée soit ce candidat ?

C’est quoi cette démocratie qui accepte que plusieurs candidats à sa présidence soient mis en examen dont ce même fasciste déguisé * ?

C’est quoi cette démocratie otage de partis politiques qui donnent des leçons démocratiques à travers de ridicules primaires antidémocratiques ?

Et bien, cette démocratie n’en est pas une ou alors est en danger de mort.

Alors, laissons les individus voter POUR qui ils veulent. Et s’ils sont POUR le fascisme au pouvoir, on pourra déclarer la démocratie bien morte et nous regarder pour ce que nous sommes : une majorité d’abrutis.

_____________________________

* Pour des soupçons dont la nature est parfaitement incompatible avec cette démocratie

François Fillon : le syndrome de l’essentialisme divin

Il faut arrêter de traiter François Fillon en être humain comme vous et moi.

François Fillon fait partie de l’élite. Il est le représentant d’une espèce d’être humain supérieure à la nôtre, celle du peuple.

L’appartenance à cette espèce supérieure lui donne des qualités remarquables. Elles expliquent qu’il exerce ce métier d’homme politique, lequel consiste à s’occuper de nous, être inférieurs.

De plus, ces qualités, comme celles de nos anciens rois, sont surhumaines, d’origine divine. Ainsi, François Fillon ne peut-il rendre compte devant la loi humaine car son rôle est de faire cette loi qui s’applique à nous, pas à lui. Allons !

Dès lors, François Fillon règle ses affaires directement avec Dieu. Nous méritons éventuellement ses excuses, son pardon et à nous d’effacer ses fautes (n’a-t-il pas rendu ses costumes, hein ?). Dans son monde règne l’impunité du divin, les fautes ne peuvent pas être punies, elles sont pardonnées. La rédemption, l’absolution lui seront accordées dans le secret de la confession. On n’est pas catholique pratiquant pour rien. Zut !

Donc, il faut laisser François Fillon tranquille ! A moins de lui trancher la tête ? (le vote a remplacé paraît-il la guillotine).

François Fillon : Terroriste de la pensée

J’accuse François Fillon d’être un terroriste de la pensée. Ce mot « terroriste » sera jugé sans aucun doute excessif voire calomnieux au moment où l’actualité est marquée par des actes terroristes qui consistent à tuer des innocents.

Malgré ces prévisibles condamnations je maintiens ce terme, en assume toutes les possibles conséquences et je vais simplement m’efforcer de le justifier.

Éclairons d’abord le sens que je lui donne. Le terrorisme est pour moi la violence commise à l’égard d’innocents. Je me considère alors comme un innocent à qui François Fillon inflige une violence à travers une attitude et des propos qui sont au delà de mes capacités de tolérance.

Il s’agit bien sûr d’une violence symbolique. Je ne suis évidemment pas mort physiquement mais, en moi, une part fondatrice de mon statut d’être humain est en danger de mort.

Cette part est l’indépassable considération que je porte à la question politique. Ainsi, prétendre faire de la politique son métier exige un sens de l’honneur, de la probité, de la morale, de l’engagement pour l’intérêt du plus grand nombre, de l’équité, de l’exemplarité, du désintéressement et de la justice porté au plus haut degré d’exigence et de grandeur dont l’homme est capable.

Nul n’est obligé à prétendre posséder ce sens de l’intérêt public et à devenir un homme politique. A contrario, tout homme politique contrevenant à ce sens ne peut plus prétendre à le rester.

Je considère que les réactions de François Fillon à des accusations suivies de sa mise en examen, sont la preuve qu’il ne possède pas ce sens et qu’il n’a plus aucune crédibilité en tant qu’homme politique.

Il est parfaitement inconcevable qu’il puisse alors être candidat à la présidence de la République, fonction qualifiée de suprême au nom même de ce sens qu’il a définitivement avili.

Voilà pourquoi j’accuse François Fillon d’être un terroriste de la pensée. La violence extrême de ce terme voudrait évoquer la blessure mortelle dont je me sens atteint comme citoyen innocent et méprisé.

De plus je soutiens que ce terrorisme se fait au nom de Dieu. Catholique pratiquant, François Fillon est malade d’essentialisme divin. Convaincu de sa supériorité surhumaine, sa destinée est de faire la loi qui s’applique à nous, peuple constitutif d’une espèce inférieure, mais loi à laquelle il n’a pas de compte à rendre.

Sa loi est celle de Dieu, où les fautes restent impunies mais pardonnées par les hommes auxquels on exprime des excuses et reçoivent l’absolution divine dans le secret de la confession.

  1. Violence exercée à l’encontre d’innocents.
  2. Violence perpétrée au mépris de la loi humaine.
  3. Violence motivée par une loi surhumaine d’un Dieu tout puissant.

Ces 3 éléments définissent François Fillon comme un terroriste de la pensée.