Parasité | Parasite, Bong Joon Ho, 2019

Voilà un film qui a tout pour me plaire :

1) Bong Joon Ho à la réalisation, dont certains films remarquables où Memories  of murder et Mother sont mes préférés, en font un éminent représentant de cette si prolifique école de cinéma coréenne ( Na Hong-jin,  Park Chan-Wook,  Jee-Woon Kim…)

2) Une critique presse et public unanimement dithyrambique

3) La palme d’or du dernier festival de Cannes (accordons une valeur à ce critère évidemment discutable)… Je pourrais rajouter la présence de Song Kang-Ho au générique… Bref, les raisons de se convaincre d’une promesse de bonheur cinématographique ne manquent pas.

Et pourtant. La déception est immense. Décuplée sans doute par la force de cette légitime attente. Les raisons de se rendre à l’évidence de cette totale déception prolifèrent.

1) Un excès traverse toutes les couches de ce film. Scénario, direction d’acteurs, mise en scène, bande son : l’outrance est partout avant d’étouffer dans le grotesque et l’aberration. Une famille riche mais très naïve rencontre une autre famille pauvre extrêmement machiavélique qui la manipule. Cette idée sans doute bonne (mais anecdotique, stéréotypée et finalement indigente) croît lentement à la manière d’un organisme  naturel-le parasite- au gré de péripéties plutôt maîtrisées et attendues exceptée la dernière, totalement imprévisible (l’irruption d’une 3ème famille). Avec elle, l’Everest du grotesque est atteint. Après un crescendo épuisant et bavard (le film de 2H12 m’a paru interminable), décliné ou plutôt éparpillé sur tous les modes narratifs (de l’humoristique au drame), il faut redescendre à contre cœur vers un final déplaisant. S’il y a une morale, elle n’a rien d’évident et le doute pèse. Ce film se veut-il humaniste ? il n’y parvient pas ; Est-il réactionnaire ? par maladresse, c’est possible. Je renonce à me prononcer par désintérêt et assailli par l’impression tenace d’avoir été dupé par un objet aussi rutilant que malfaisant, ambigu, vain et inepte.

2) A une dose d’excès, le film en ajoute deux d’autosatisfaction pour composer son carburant. La mise en scène file droit sur l’autoroute de la certitude. Le voyage est forcément agréable et la destination éminemment désirable. Sauf que le passager est tenu à la bienveillance et plus encore, à accepter avec complaisance et sans discuter la relation de connivence qui lui est imposée. S’il trouve la forme tapageuse et le propos indéchiffrable, comme moi, il n’a d’autre place que la contemplation d’un film narcissique, fat, imprégné d’une ferveur envers lui-même.

C’est  cette vaniteuse superficialité qui donne alors au film sa véritable identité et peut expliquer son succès : le même culte de la futilité égotique anime nos sociétés ultralibérales biberonnées au « bling-bling » et soumises à la dictature du « selfie ».

Vive le cinéma !

Franz | https://latlas.paris