Profession supporter (Profession reporter, Michelangelo Antonioni, 1975)

affiche_professionreporterAh la la… Quelle souffrance et quel paradoxe de faire des mots sur une œuvre d’art qui invente son propre langage. Quelle nécessité pourtant aussi ! Pour partager une expérience intime qui semble retentir d’échos universels… J’étais enfant et « Profession : reporter » est entré dans ma vie à la manière d’un adulte dont on ne comprend pas tout, mais dont on saisit la grandeur inoubliable. Oeuvre d’art, mon amie, tu es cet aliment sensuel de l’entendement. Etre humain, mon semblable, partages-tu cette solitude d’une conscience libre ? Je suis adulte et « Profession : reporter » vient à nouveau de croiser ma route. Le choc est le même. On reste toujours l’enfant de quelqu’un ? Bien sûr, les mots aujourd’hui sont plus distincts : L’infini de l’instant… L’impossible partage… La fatalité d’être soi-même… La quête de dépassement… La répétition stérile de l’habitude… Le désir irrépressible d’altérité… La gravité surhumaine du vivre ensemble… L’illusoire fusion amoureuse… La mortelle destinée… La raison aveugle… Mais l’alphabet s’épuise et laisse alors, nichée tout au fond de moi, une vibration orpheline de mot. Puissiez-vous la ressentir… en voyant « Profession : reporter ».

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