François, sois franc !

Vous en connaissez peut-être. Ceux dont on se permet de dire : pauvres types ou pauvres mecs. Leur bêtise est à la fois aveugle et vaniteuse. Ils vocifèrent leurs ineptes provocations à la morale, la raison ou la logique pour s’extraire de leur prison d’indignité, de folie ou d’idiotie tout en sachant confusément la vanité de leurs efforts. Ils nous inspirent de la colère et en même temps de la compassion car on sait avec certitude leur cause perdue. Selon la proportion respective de ces sentiments chez l’un ou l’autre d’entre nous, ils recevront dans leur gueule le poing de certains tandis que d’autres se contenteront d’un regard tendu de mépris dédaigneux.

François Fillon va vers sa perte. Tous les jours, le mur dans lequel il va s’écraser lamentablement se rapproche. Il le sait mais ne peux se résoudre à l’admettre car son aveu mettrait fin à son existence sur la planète fictive dans laquelle il a toujours vécu.

Sur cette planète, les êtres sont appelés élites et bénéficient de privilèges. Anciennement, l’accès à ces privilèges était justifié par la reconnaissance d’un caractère divin à ces êtres. Cette croyance semble d’ailleurs persister dans l’esprit de certains, croyance aujourd’hui identifiée par la psychiatre moderne comme une maladie mentale. Philosophes et sociologues ont aussi clairement montré que le fascisme peut être un des symptômes de cette maladie.

Les légères évolutions de cette planète sont causées par ses rencontres occasionnelles avec celle habitée par le peuple. Plutôt rares, ces contacts interplanétaires sont programmés lors de cérémonies rituelles appelées votes. Après des combats d’idées purement symboliques entre ces élites constitués en clans et arbitrés par le suffrage du peuple, les vainqueurs d’un jour sont les vaincus du lendemain. La distribution des privilèges connaît alors de modiques corrections. Un bouclier constitué de lois édictées par ces élites d’où émanent leurs privilèges protègent leur planète de perturbations banales que sont par exemple les grèves, manifestations ou violences collectives.

Des collisions plus brutales, extrêmement rares et imprévues, surviennent parfois au gré de circonstances historiques particulières relayées par des actions citoyennes de grande ampleur. Les cas extrêmes sont dits révolutionnaires.

Aucun mouvement humain, fût-il révolutionnaire, n’a toutefois jamais renversé la loi astronomique universelle : la révolution est d’abord le mouvement inexorable de planètes sur des orbites étrangers les uns aux autres.

Le peuple va trancher symboliquement la tête de François Fillon. C’est un progrès. Mais la course à travers le temps et l’espace des élites et de leurs privilèges continue.

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