Boris Cyrulnik, ruine de l’ultralibéralisme ?

Il y a plusieurs façons de le démontrer  : Boris Cyrulnik est un dangereux charlatan.

L’une de ces façons consiste à collecter les faits établissant la mystification sur laquelle repose son statut de scientifique. Odile Fillod le fait avec une méticulosité très étayée et documentée :

Boris Cyrulnik : stop ou encore 1

Boris Cyrulnik : stop ou encore 2

En bref selon elle, le statut scientifique de Boris Cyrulnik est flou et douteux mais pourtant largement relayé par une incompréhensible complicité journalistique et médiatique.

Une autre manière consiste simplement à porter un regard critique sur le moindre des écrits de ce personnage. Le bon sens ordinaire que donne un minimum de raison et d’éthique suffit alors à en extraire quelques évidentes limites.

Son article « Par bonheur, la vie ne manque pas de malheurs » en fournit un récent exemple :

Libération du 27/03, cahier forum, p.VI

L’effort intellectuel à produire pour s’abaisser à un niveau de pauvreté intellectuelle affligeant est éreintant.

Je me contenterai donc des mêmes gros et gras traits qui tiennent lieu ici d’arguments.

Ainsi, la pensée de Boris Cyrulnik peut être résumée en quelques truismes grossiers : le malheur qui ne tue pas rend plus fort ; l’art s’alimente à la source de la souffrance ; la création est une transcendance du malheur… le tout englué dans une mélasse d’assertions hétéroclites, approximatives et confuses (la vie, la mort, Dieu, Néendertal…).

A ce stade, une première conclusion serait : Boris Cyrulnik a une pensée banale de comptoir de café.

Mais sa pensée franchit un autre degré : le malheur est présenté comme une condition nécessaire à l’art. Sans lui, point d’oeuvre artistique : « vous fermeriez les salles de cinéma, vous rendriez inutiles les romans… ».

A ce nouveau stade et sans s’attarder sur l’absence de précisions lexicales (qu’est-ce que le « malheur », le « bonheur » etc.  ?) une seconde conclusion s’impose : Boris Cyrulnik promeut le malheur grâce à quoi l’homme se fait créateur et accède au bonheur. En cela, il épouse très exactement le dolorisme :  » Doctrine qui a donné naissance à un mouvement littéraire qui exalte la douleur en lui attribuant une haute valeur morale, un rôle transformateur et générateur d’activité créatrice  » (Définition cnrtl).

La pensée de Boris Cyrulnik dévoile alors : sa part largement autobiographique ; sa faible portée ; son idéologie (ultralibérale) et une confusion originelle.

  • Part autobiographique : Le dolorisme de Boris Cyrulnik serait un écho parfait de sa propre histoire personnelle fondée sur un traumatisme infantile : la séparation précoce d’avec ses parents morts en déportation et transcendée par la réussite professionnelle. Or, être scientifique ne  consiste par à transformer son histoire subjective, ses déterminismes singuliers, en théorie générale mais à les objectiver pour les dépasser en les intégrant dans un cadre d’analyse élargi. Par ailleurs, être journaliste consiste à dénoncer ces confusions et non pas à les diffuser comme des vérités intangibles comme le fait le journal Libération en organisant son forum du 28/03 ( Libération salon network) autour de Boris Cyrulnik en maître de cérémonie.
  • Faible portée : elle n’explique pas les « malheurs » (la plupart ?) qui en restent là, durent, se perpétuent, se reproduisent et laissent l’homme immobilisé dans son impuissance et une souffrance psychique, affective, sociale, matérielle ou symbolique.
  • Idéologie ultralibérale : faire du malheur le ressort par lequel l’homme se surpasse revient à lui reconnaître des ressources par lesquelles il devient responsable de son sort. On trouve très exactement cette idée au cœur même de l’idéologie politique ultralibérale : rendre l’homme responsable de ce qu’il est pour, dans le jeu de la libre concurrence, légitimer le pouvoir des puissants, culpabiliser les faibles de leurs insuffisances et maintenir le système inégalitaire de domination des premiers sur les seconds.
  • Confusion originelle : elle est de supposer l’existence inconditionnelle de moyens d’action comme si le malheur contenait en lui-même les ressources propres à le combattre. Or, l’existence de ressources (intellectuelles, culturelles, matérielles, affectives, etc.) relève de déterminismes indépendants de la survenue de « malheurs ».

Si « science sans conscience est ruine de l’âme » alors, qui est Boris Cyrulnik qui n’a ni science, ni conscience ?

Une ruine que notre société vénère car elle y contemple son âme.

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